C’est aujourd’hui le départ
véritable de la Via Podiensis puisque
nous allons mettre nos pas dans ceux de milliers de pèlerins qui sont partis du
Puy.
Pour « marquer le
coup », nous décidons d’aller à la messe suivie de la bénédiction des
pèlerins à la cathédrale. Après un bon petit déjeuner servi au gîte, en
compagnie d’un jeune pèlerin peu bavard, nous nous dirigeons vers la cathédrale
pour y entrer, non par le ventre mais par les oreilles cette fois (ou peut être
les bras ?).
C’est l’évêque du Puy, Mgr
Brincard, qui préside la cérémonie à laquelle assiste au moins une cinquantaine
de personnes. A la fin de l’eucharistie, les (futurs) pèlerins se regroupent
autour de la statue de Saint Jacques pour recevoir la bénédiction, ainsi qu’une
petite médaille portant les images de Notre Dame du Puy et de Notre Dame de
France. L’évêque invite chacun à dire son nom et d’où il vient. Beaucoup
d’Allemands, de Suisses… Un Québécois, reconnu dès la première lecture à cause
de son accent ! Et quatre Rémois ce matin-là au départ !
Pressés de partir, nous quittons
la cathédrale pour descendre la rue des Tables à bon train. Gautier filme cette
descente ! Nous croisons un certain nombre de pèlerins, en particulier une
Allemande étudiante en art avec qui nous parlons quelque temps. La traversée de
la campagne est relativement agréable mais nous retrouvons un paysage plus
« commun » que celui traversé les deux jours précédents.
A midi, nous approchons
Saint-Privat d’Allier. Beaucoup de pèlerins partant du Puy font le choix de
rester à cet endroit pour démarrer le Camino
en douceur. En ce qui nous concerne, nous sommes déjà en jambes et nous avons
envie de continuer, donc nous décidons de ne faire qu’une pause déjeuner et
sieste à Saint-Privat !
Pourtant, Gautier est sur le
qui-vive puisqu’il est censé avoir ses résultats d’intégration aujourd’hui… Il
ne parvient pas à les apprendre avec son code téléphonique, il appelle donc
chez lui alors que nous avons repris la route. Les nouvelles sont plutôt
bonnes : il est admis aux Mines d’Alès et sur liste d’attente pour celles
de Douai (NDLR : il va à Douai, finalement !)
Nous voilà à Saint-Privat!
La boulangerie étant fermée, nous faisons des
courses à la supérette et, sans le savoir, elles nous permettront de composer
le meilleur repas de la semaine : pâtes au beurre et aux saucisses de
Strasbourg.
Notre meilleur repas de la semaine
Ce bon repas pris, nous nous reposons un peu puis nous allons dans
la belle église du village au pied de laquelle nous étions installés. C’est là
que nous nous remettons à chanter à plusieurs voix. Une jeune pèlerine
entre et se joint au « chœur » car elle connaît quelques voix d’alto.
Plus tard, une dame nous rejoint
pour chanter le Notre Père de Rimsky car elle en connaît aussi la voix d’alto.
C’est une pause particulièrement agréable.
La coquette église de Saint-Privat : la plus belle église de village de notre parcours de 2009.
A ce moment, nous rencontrons
Amel et Liesse, deux pèlerins qui partent du Puy. Nous parlons études et Liesse,
jeune prof de français, engage la conversation sur Nerval et Mallarmé avec
Charles-Antoine qui est en khâgne. Ils nous proposent de se revoir plus tard
car ils seront aussi au camping.
La descente vers Monistrol est
particulièrement raide. Nous faisons une rapide visite d’une expo photo montée
par un ancien pèlerin, puis un tour du village, de son église à l’acoustique
impressionnante et de la supérette.
Amel, Liesse, Charles et Gautier sur les hauteurs de Monistrol
Installés au camping, les deux
compagnons nous invitent à la baignade dans l’Allier. C’est encore plus
agréable que de s’y plonger que dans une piscine. A la suite d’Amel, nous
sautons dans l’Allier depuis un rocher, c’est le « moment
adrénaline » de la journée, selon l’expression de notre compagnon.
La suite est plus classique. Le
repas vaut cependant la photo à cause du déballage sur le muret du camping
derrière la tente…