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Regonflés par une assez bonne nuit, nous sortons le « bleuet micro » et le « butagaz » pour faire chauffer du lait. C’est le seul matin de la semaine où nous nous préparons un chocolat chaud, l’installation du système de chauffage étant un peu fastidieuse et CA trouvant au breuvage un goût mi-ferraille mi-plastique. Après une vaisselle rapide et le rangement de nos affaires, nous prenons la route pour une petite étape de 18 km. Nous démarrons par une montée menant à une route d’où la vue sur Cajarc et sur le Lot est plutôt agréable. D’abord, notre chemin passe à travers hameaux et petites zones d’activités, puis nous retrouvons petit à petit un paysage de chênes où les sentiers sont délimités par de petits murets de pierres entassées. Nous traversons ici le causse de Limogne.  Le Quercy, terre de chênes Nous recroisons la troupe des cinq Lorrains avant une montée, ce qui nous permet de poser les questions habituelles : Ca va bien ? Vous avez bien dormi ? Jusqu’où allez-vous ? Alors que nous faisons une pause au bord d’une petite route, un jeune Parisien nous dépasse et échange quelques mots : lassé de son job, il a donné sa démission et est parti sur le chemin pour réfléchir tranquillement. Puis les Lorrains nous rattrapent et nous reprenons la marche avec eux. Nous discutons avec Jean-Marie de nos régions respectives et des bienfaits du TGV Est. Jean-Marie travaille dans une usine PSA où travaillent 4500 personnes et d’où sortent la moitié des moteurs du groupe 4000 moteurs chaque jour ! A proximité d’un village, nous assistons au repas d’un troupeau de brebis.  Une agricultrice habituée aux flashes des pèlerins Peu avant midi, nous gagnons Limogne-en-Quercy et nous faisons une halte à l’église où nous entonnons nos refrains favoris puis nous passons à la boulangerie avant de suivre la direction du camping. Il est situé à environ 500 mètres du centre du village, nous aurons d’ailleurs l’occasion de faire plusieurs allers-retours ! (Les camping sont toujours excentrés, c’est leur gros défaut pour les pèlerins). Arrivés au terrain, son propriétaire nous installe puis nous nous restaurons sur nos tapis de sol tout en faisant plus ou moins la sieste. Après un passage apprécié à la douche, nous partons « visiter » Limogne mais ce sera vite fait : seule chose à voir, une exposition à l’office de tourisme ! Passant près de la terrasse du café du village, nous sommes interpellés par Arlette et Daniel attablés qui nous invitent à boire un coup avec eux. Charles-Antoine rêvait justement d’un Coca-Cola. Nous pouvons ainsi faire connaissance, ils nous livrent en particulier leur expérience de baroudeurs et d’amateurs du festival de théâtre de rue d’Aurillac. Très enthousiastes tous les deux, ils y sont allés 5 ou 6 d’affilée. Ils nous vantent les « idées », l’humour, la créativité voire l’érotisme, de certains spectacles (des comédiens dans les panneaux publicitaires élargis pour l’occasion, les voyageurs SNCF transformés en acteur un jour où toute la gare fut recouverte de gazon, une séance absurde et hilarante de « hou hou », etc.) Même si, commente Arlette " il y avait aussi des trucs bien nuls". Charles-Antoine au bar de Limogne  Arlette et Daniel à Lascabane quelques jours plus tard Ils continuent leur chemin l’après midi alors que nous allons profiter de la piscine du camping. Il nous faut retourner au village pour faire quelques courses mais malheureusement, tout est fermé à l’exception d’une boulangerie/épicerie minuscule, étrange un peu excentrée. Le pain est déjà rassis et les biscuits que nous achetons ne sont plus de la première : la date de péremption est rendue illisible par de nombreux passages d’un marqueur ! Le repas se prépare près d’un sympathique sudiste préparant un barbecue avec qui nous échangeons sur les vertus de la châtaigne. Nous retournons au village pour notre petit tour nocturne (nous aimons bien marcher…) puis nous allons nous éteindre sous la tente.
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