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Le réveil sonne aujourd’hui à 6 heures et pour cause, nous faisons ce jour notre plus grosse étape : 33 kilomètres ! Malgré la nuit froide sous la tente, nous partons dans la bonne humeur avec le soleil levant qui laisse se découvrir des paysages sympas sur les hauteurs de Nasbinals. Marche sous les bois entre Aubrac et Saint-ChélyLe chemin se poursuit au milieu de nos amies les vaches avec une difficulté : il nous faut traverser un enclos. Mais le taureau n’a l’air qu'à moitié aimable et, intimidés par son regard insistant, nous longeons la clôture du terrain des bovins. Vers 9h30, nous arrivons à Aubrac, tout petit village qui a donné son nom à la région dans laquelle nous nous trouvons depuis deux jours. Nous profitons du banc près de l’église pour s’arrêter et s’abreuver, puis nous visitons rapidement le vieil édifice.  La dômerie d'Aubrac, ancien lieu d'accueil des pélerins tenu par des moines et protégé des loups et des brigands par des chevaliers. On y lit encore : "C'est un lieu d'horreur et de vaste solitude". Sur le chemin, à travers les bois, nous doublons une petite famille dont le quatrième enfant est un âne. La petite fille qui le tient qui répond au joli nom de Claire nous présente l’animal : Cléo. Peu avant midi, nous gagnons Saint-Chély d’Aubrac, petite cité agréable. Arrêt stratégique devant la boulangerie/épicerie où nous achetons de quoi nous restaurer à midi.
 Saint-Chély d'Aubrac
 Le pont de Saint-Chély d'Aubrac (UNESCO)
Après avoir rempli nos gourdes et un passage à l’église du lieu, nous franchissons un joli petit pont de pierre et continuons la route. Sur ce pont, nous doublons Luis qui ne tardera pas à nous rattraper : Luis, 35 ans, petit, trapu, Lorrain, bête de guerre, cadence infernale, nous déclare que l’étape du jour – la même que la nôtre, Nasbinals/Saint Côme – est la plus petite de son trajet jusqu'en Espagne. Il compte arriver à Conques le lendemain soir : c'est à dire qu'il envisage de faire 55 km dans la journée...
Nous arrivons au hameau des Cambrassats où un abri aménagé par des villageois nous permet de nous arrêter pour manger et de laisser filer Luis qui nous avait imposé son rythme démentiel. Et là, tout bascule. Jean-Pierre, Michèle et leur petite fille Laurine débarquent.
L'abri aménagé pour les pèlerins aux Cambrassats. Rencontre avec Michèle, Jean-Pierre et Laurine (de gauche à droirte) Ils s’arrêtent quelques minutes pour prendre une boisson et nous parlent comme des pèlerins expérimentés. Ils nous avaient entendu passer avec Luis, mais Laurine avait cru entendre un cheval à cause de la vitesse… A Saint Côme, ils doivent rester au couvent du Malet qui propose un accueil. Le couvent du Malet à Saint-Côme. Immense monument tout juste rénové. Une fois la petite famille partie, c’est un Allemand à l’humour vif (comme ses coups de soleil) qui s’arrête un instant. Nous repartons d’un bon pas vers Saint Côme, sous la chaleur. Nous croisons une autre famille avec un âne : papa, maman, l’âne Sandrine et sept enfants. A proximité du village, à 17h00, nous découvrons un panneau indiquant le couvent du Malet : nous y sommes reçus par un couple hospitalier et une gentille « bonne sœur ». Après une douche appréciée, nous allons nous promener dans le bourg et visitons l’église au clocher tor (c'est à dire légèrement en spirale). C’est un des "plus beaux villages de France".  Le clocher tor de Saint-Côme. Après le repas servi aux soixante pèlerins présents au couvent, nous regardons un film sur l’histoire du Malet et de l’ordre des Ursulines qui nous accueille. Nous jouons ensuite au Président sur les marches de la chapelle avec les enfants de deux familles parisienne et rouennaise en pèlerinage. Que de rencontres en ce deuxième jour de marche ! |